Karim Notes

L'intelligence artificielle me fait travailler plus. Pas moins.

J'utilise l'IA au quotidien, le développement logiciel est probablement l'un des secteurs d'activité qui a adopté le plus rapidement et le plus profondément cette technologie. Elle est exploitée à toutes les phases : du cadrage aux spécifications, en passant par le développement et les tests. C'est vrai que c'est un outil extraordinaire qui permet d'aller plus vite et plus loin qu'avant.

Mais ce qu'on dit moins, c'est que le niveau d'exigence a lui aussi augmenté. On demande une vitesse d'exécution plus élevée, les délais de livraison se raccourcissent sous prétexte qu'on n'a plus besoin d'autant de temps qu'avant pour coder, rédiger les specs ou écrire les cas de test. Les clients l'ont parfaitement compris. Alors qu'avant ils étaient prêts à attendre six mois pour une grosse fonctionnalité, ils veulent désormais que tout soit livré en trois mois maximum. Et c'est toujours la même blague : « Avec l'IA, c'est vite fait. »

En parallèle, on demande plus de fonctionnalités, des spécifications plus exhaustives, une meilleure couverture des tests et des revues de code toujours plus poussées. De nouveaux cas d'usage apparaissent également : coder des prototypes hyper réalistes et dynamiques pour cadrer le besoin, générer et maintenir la documentation à partir du code, et bien d'autres encore.

À titre personnel, l'IA m'a aussi donné envie de lancer des projets que je n'aurais probablement jamais entrepris auparavant, comme par exemple développer des micro SaaS (des applications en ligne) pour répondre à mes propres besoins ultra personnalisés. Résultat : ma to-do list s'est rallongée !

On entend partout cette promesse que l'intelligence artificielle va nous faire travailler moins. Pour ma part, je constate plutôt l'effet inverse : je travaille davantage et de nouvelles tâches sont apparues dans mon travail.

Pour l'avenir, je prédis une surexploitation de l'IA pour produire toujours plus, toujours plus vite. Je pense que c'est une illusion de croire que cette technologie va nous offrir plus de temps libre...

Comme à l'époque des machines-outils de l'ère industrielle, les gains de productivité finissent par être absorbés par une hausse des attentes et des ambitions.

Merci pour votre lecture.